C'est l'une des mesures de la convention 2024-2029 : une majoration de 5 € pour les consultations réalisées le soir et le week-end, effective depuis le 1er janvier 2026. Sur le principe, personne ne s'en plaindra. Mais pour la comprendre, il faut la replacer dans la réforme qui l'a précédée — et qui a beaucoup changé la donne pour ceux qui travaillent en horaires décalés.
Le vrai contexte : la réforme du 22 décembre 2024
Historiquement, les consultations en horaires atypiques bénéficiaient de majorations substantielles : environ 35 € le soir, 40 € en nuit profonde, 19 € les dimanches et jours fériés. Depuis le 22 décembre 2024, ces majorations « historiques » sont réservées aux soins non programmés régulés par le SAMU ou le Service d'accès aux soins (SAS). Pour les autres consultations en soirée ou le week-end, c'est désormais la majoration simple de 5 € qui s'applique.
Autrement dit : ce « +5 € » n'est pas une pure création, c'est aussi ce qui reste quand on n'exerce pas dans le cadre régulé. Pour un médecin qui consultait régulièrement en soirée hors régulation, la réforme est une perte nette ; la majoration de 5 € en atténue l'effet sans le compenser.
En pratique
La majoration s'applique aux consultations du soir (à partir de 20 heures) et du week-end. Les horaires précis et les cumuls possibles (notamment avec les majorations de soins non programmés) dépendent de votre situation : le plus sûr est de vérifier les cotations proposées par votre logiciel à jour — et de contrôler qu'elles partent réellement dans vos FSE.
Et en PDSA : des visites enfin revalorisées
Dans le cadre régulé de la permanence des soins, le 1er janvier 2026 a par ailleurs corrigé une incongruité : les visites en PDSA n'étaient valorisées que 3,50 € de plus que les consultations. Les nouveaux montants — VRN à 52,50 €, VRM à 66 €, MDN à 45 €, MDI à 50 € — remettent la visite de garde à un niveau cohérent. S'y ajoutent la majoration déplacement montagne (MDM, 15 €) et la majoration visite rapide à la demande du SAS (MVR, 10 €).
Le coût de l'oubli
Un médecin qui consulte régulièrement en soirée et oublie la majoration deux fois par semaine laisse presque 500 € par an sur la table. Multipliez par le nombre de lignes tarifaires apparues ces trois dernières années, et vous obtenez le vrai sujet : la complexité tarifaire est un impôt sur l'attention.
Comment ne plus l'oublier
- Paramétrez un favori ou une association automatique dans votre logiciel pour les créneaux concernés.
- Vérifiez vos consultations de soirée du mois écoulé : l'audit vous dira combien vous perdez.
- Dans les structures avec facturation déléguée, demandez qui contrôle l'application systématique des majorations horaires.
C'est le paradoxe que ce média documentera inlassablement : chaque revalorisation obtenue ajoute une règle, chaque règle ajoute une charge cognitive, et cette charge retombe sur la même personne — celle qui est censée soigner.
Ce qu'il faut retenir
- Depuis fin 2024, les majorations historiques (35/40/19 €) sont réservées aux soins régulés SAS/SAMU ; hors régulation, c'est +5 € le soir et le week-end.
- En PDSA, les visites sont revalorisées au 1er janvier 2026 (VRN 52,50 €, VRM 66 €, MDN 45 €…).
- Deux oublis par semaine ≈ 460 € de perte annuelle.
- Automatisez la cotation ou déléguez son contrôle.
Sources
- Fédération des Médecins de France, nouveautés conventionnelles tarifaires au 1er janvier 2026.
- Assurance Maladie, convention médicale 2024-2029 ; réforme des majorations du 22 décembre 2024 (soins régulés).
- Caducée, « Consultations de nuit : la fin d'un modèle économique ? » ; FMF, nouveautés tarifaires du 1er janvier 2026 (PDSA, MDM, MVR).